En 1994, Louise D., mère célibataire de deux enfants, cherchant désespérément un emploi pour subvenir aux besoins de sa famille. Et sa stratégie a fonctionné : cette chercheuse d’emploi avisée a réussi à décrocher 19 entretiens. Mais chaque fois qu’un employeur potentiel apprend qu’elle a des enfants, l’entretien se termine brusquement et le poste ne lui est pas proposé. Ce n’est que lorsqu’un employeur n’a pas posé de questions sur le statut maternel de Mme Peppard que cette mère célibataire s’est vu offrir un poste.

Malheureusement, cette histoire n’est pas unique. D’innombrables femmes rapportent qu’on leur demande si elles ont des enfants ou si elles envisagent d’en avoir. Et si la réponse est affirmative, l’entretien est terminé et ces femmes sont sommairement mises à la porte. Cette épidémie de « profilage des mamans » est devenue si grave qu’elle a fait l’objet d’un documentaire. La quête d’emploi de Louise donne le coup d’envoi du film.

Le « profilage des mamans » est défini comme une « discrimination à l’embauche à l’encontre d’une femme qui a, ou aura, des enfants. ».

Les mères ont 79 % moins de chances d’être embauchées (renseignez-vous sur la dpae urssaf ) que les non-mères à CV et expériences égaux. (…) Les femmes sans enfants gagnent 90 % [du salaire d’un homme comparable], contre 73 % pour les femmes avec enfants et 60 % pour les mères célibataires. (…) Les mères se sont vu offrir 11 000 euros de moins en salaire de départ que les non-mères ayant le même CV et les mêmes expériences professionnelles, tandis que les pères se sont vu offrir 6 000 e durose plus.

Comment est-il possible qu’en 2020, les femmes puissent encore être discriminées lorsqu’elles cherchent un emploi, subir une telle disparité économique ou même se voir refuser une promotion parce qu’elles sont mères ? 

« Un employeur, a dit qu’il ne voulait pas payer le coût des factures de soins de santé de mes enfants. » D’autres employeurs prétendent que les femmes qui ont une famille prennent trop de congés de maternité.

Mais des études ont montré que les employés qui doivent prendre des congés de maladie en raison d’un manque d’exercice, d’une mauvaise alimentation ou d’autres mauvaises habitudes de santé prennent des congés beaucoup plus longs que ceux accordés aux nouvelles mères – et sont beaucoup moins productifs que les nouvelles mères lorsqu’ils reviennent  au travail. Les employés qui s’occupent de parents âgés prennent encore plus de congés que les nouvelles mères.

 

Alors, pourquoi est-ce que ce sont les mères qui sont discriminées ? Si les employeurs prétendent qu’ils filtrent les pertes de temps et les pertes de revenus éventuelles, ne devraient-ils pas également filtrer ces autres facteurs ? Mieux encore, pourquoi les employeurs ne peuvent-ils pas tout simplement traiter tout le monde de la même manière et ne pas faire de discrimination du tout – comme le prévoit la loi sur l’égalité des chances en matière d’emploi ?

 

Louise s’est consacrée à la lutte contre le  » profilage des mamans  » afin que d’autres femmes n’aient pas à subir l’injustice à laquelle elle a été confrontée pendant une grande partie de sa carrière.