Mythe : les victimes de violence domestique aiment être battues.

Fait : La plupart des victimes de violence domestique veulent désespérément que la violence prenne fin, et s’engagent dans diverses stratégies de survie, notamment en appelant la police ou en demandant l’aide de membres de la famille, pour se protéger et protéger leurs enfants. Le silence peut aussi être une stratégie de survie dans certains cas. Prendre une raclée pour empêcher l’agresseur de s’en prendre aux enfants peut être une stratégie d’adaptation utilisée par une victime, mais cela ne signifie pas que la victime y prend plaisir.

 

Mythe : les victimes de violence domestique ont des troubles psychologiques.

Fait : Cette caractérisation des femmes battues comme malades mentales découle de l’hypothèse selon laquelle les victimes de violence domestique doivent être malades, sinon elles ne  » supporteraient  » pas les abus. Des théories plus récentes démontrent que les femmes battues résistent à la violence de diverses manières. En outre, la plupart des victimes de violence domestique ne sont pas des malades mentaux, bien que les personnes souffrant d’un handicap mental ne soient certainement pas à l’abri d’être maltraitées par leur conjoint ou leur partenaire intime. Certaines victimes de violence domestique souffrent d’effets psychologiques, tels que le syndrome de stress post-traumatique ou la dépression, à la suite des mauvais traitements subis. 

 

Mythe : Une faible estime de soi pousse les victimes à s’engager dans des relations abusives.

Fait : Les théories traditionnelles présumaient que les individus ayant une estime de soi adéquate ne se  » permettraient  » pas d’être abusés par des partenaires intimes ou des conjoints. En fait, des études ont démontré que les victimes de violence domestique ne partagent pas de caractéristiques communes autres que le fait d’être une femme. La théorie selon laquelle une faible estime de soi pousse les victimes à s’engager dans des relations abusives est peu étayée, cependant, certaines victimes peuvent connaître une diminution de leur estime de soi en raison de la violence qu’elles subissent, puisque les auteurs dégradent, humilient et critiquent fréquemment les victimes.

 

Mythe : les victimes de violence domestique ne quittent jamais leur agresseur, ou si elles le font, elles ne font que s’engager dans d’autres relations abusives.

Fait : La plupart des victimes de violence domestique quittent leur agresseur, souvent à plusieurs reprises. Il faut parfois plusieurs tentatives pour se séparer définitivement car les agresseurs utilisent la violence, le contrôle financier ou les menaces concernant les enfants pour obliger les victimes à revenir. En outre, un manque de soutien de la part des amis, des membres de la famille ou des professionnels, tels que le personnel des tribunaux, les agents de la force publique, les conseillers ou les membres du clergé, peut inciter les victimes à revenir. Étant donné que le risque de nouvelles violences augmente souvent après que les victimes se sont séparées de leur agresseur, il peut être encore plus difficile pour les victimes de partir si elles ne peuvent pas obtenir une aide juridique efficace. Les victimes qui reçoivent une assistance juridique appropriée à un stade précoce augmentent leurs chances d’obtenir la protection et la sécurité financière dont elles ont besoin pour quitter définitivement leur agresseur. Bien que certaines victimes puissent avoir des relations avec d’autres partenaires qui se mettent ensuite à les maltraiter, rien ne prouve que la majorité des victimes vivent cette expérience.

 

Mythe : les auteurs de violences conjugales maltraitent leur partenaire ou leur conjoint à cause de l’abus d’alcool ou de drogues.

Fait : L’abus d’alcool ou de drogues ne pousse pas les auteurs de violences conjugales à maltraiter leur partenaire, bien qu’il soit fréquemment utilisé comme excuse. L’abus de substances peut augmenter la fréquence ou la gravité des épisodes violents dans certains cas. Comme l’abus de substances n’est pas à l’origine de la violence domestique, le fait d’exiger des agresseurs qu’ils participent uniquement à des programmes de traitement de l’abus de substances ne mettra pas efficacement fin à la violence. De tels programmes peuvent être utiles en conjonction avec d’autres programmes, tels que les programmes d’intervention auprès des agresseurs.

 

Mythe : les auteurs de violence domestique maltraitent leur partenaire ou leur conjoint parce qu’ils sont très stressés ou au chômage.

Fait : Le stress ou le chômage ne poussent pas les agresseurs à maltraiter leur partenaire. Comme la violence domestique traverse les lignes socio-économiques, elle ne peut être attribuée au chômage ou à la pauvreté. De même, les défenseurs des droits de l’homme font remarquer que si le stress était à l’origine de la violence domestique, les auteurs de violences agresseraient leurs patrons ou leurs collègues de travail plutôt que leurs partenaires intimes. La violence domestique prospère parce que la société tolère la violence envers le conjoint ou le partenaire, et parce que les auteurs apprennent qu’ils peuvent obtenir ce qu’ils veulent par l’usage de la force, sans avoir à faire face à de graves conséquences.